L’anglais est-il vraiment indispensable pour voyager ?

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Vous avez sans doute déjà entendu quelqu’un dire : « Je ne parle pas un mot d’anglais, je ne pourrai jamais voyager. » Certaines personnes vont même jusqu’à choisir uniquement des destinations francophones par peur de ne pas réussir à communiquer une fois sur place.

Après plus de onze ans à parcourir le monde, notre réponse est pourtant nuancée : non, l’anglais n’est pas indispensable pour voyager. En revanche, quelques bases facilitent énormément les déplacements. Sans être bilingue, connaître les bonnes expressions permet souvent de résoudre plus facilement un problème et de voyager avec davantage de sérénité. 

Avant de réserver un cours d’anglais… ou de vous convaincre que Google Traduction suffira, voyons dans quelles situations l’anglais fait réellement la différence.

Peut-on voyager sans parler anglais ?

Oui, et heureusement.

Chaque année, des millions de voyageurs découvrent le monde sans parler un mot d’anglais. Avec les progrès des applications de traduction et de l’intelligence artificielle, communiquer est devenu bien plus simple qu’il y a dix ans.

Avec les progrès des applications de traduction et de l’intelligence artificielle, communiquer est devenu bien plus simple qu’il y a dix ans. Parmi les outils que nous utilisons le plus en voyage, il y en a un qui reste pourtant méconnu : Google Lens. Pourtant, elle peut s’avérer extrêmement pratique au quotidien, notamment lorsqu’il faut déchiffrer un menu, ou un panneau d’information. 

Pour en profiter, deux solutions s’offrent à vous. La première consiste à télécharger l’application Google Traduction et à utiliser l’icône en forme d’appareil photo. Il suffit de pointer votre téléphone vers le texte pour obtenir une traduction quasi instantanée. La seconde est d’utiliser directement Google Lens, accessible depuis l’application Google sur la plupart des smartphones. Dans les deux cas, une connexion Internet est indispensable. Si vous voyagez en Chine, n’oubliez pas d’utiliser un VPN. 

Oui, Google Lens est bien un outil développé par Google. On préfère le préciser, car beaucoup pensent qu’il s’agit d’une application indépendante. 

Les situations où l’anglais devient un véritable atout

Les applications de traduction ont révolutionné notre façon de voyager. On ne compte plus le nombre de fois où Google Traduction ou Google Lens nous ont sorti d’une situation délicate. Malgré tout, il existe encore de nombreux moments où comprendre et parler un minimum anglais reste bien plus simple que de passer par son téléphone. Et ces situations sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense. 

À l’aéroport

L’aéroport est sans doute l’endroit où quelques bases d’anglais sont les plus utiles. Lors d’un contrôle à l’immigration, un agent peut vous demander la raison de votre voyage, la durée de votre séjour ou encore où vous allez dormir. Si votre vol est retardé, annulé ou que votre porte d’embarquement change au dernier moment, toutes les annonces importantes sont généralement faites en anglais, même dans des pays où ce n’est pas la langue officielle.

En cas de bagage perdu, savoir expliquer rapidement la couleur de votre valise, son contenu ou répondre aux questions du personnel vous fera gagner un temps précieux.

À l’hôtel

L’enregistrement à l’hôtel est rarement compliqué, mais quelques phrases suffisent à rendre les échanges beaucoup plus fluides. Présenter une réservation, comprendre le montant de la caution, demander le mot de passe du Wi-Fi ou connaître les horaires du petit-déjeuner fait partie des situations les plus courantes.

Et en cas de problème (climatisation en panne, chambre bruyante, eau chaude absente ou demande de départ tardif) c’est plus agréable de pouvoir l’expliquer directement. 

On l’a vu en Chine, devoir tout expliquer au traducteur, c’est vite ennuyant. Et ça peut même parfois créer des incompréhensions. 

Au restaurant

Grâce à Google Lens, traduire une carte de restaurant est aujourd’hui un jeu d’enfant. En quelques secondes, vous pouvez comprendre le nom d’un plat ou les ingrédients principaux. En revanche, certaines informations essentielles n’y figurent pas toujours. Les allergènes, par exemple, ne sont pas systématiquement indiqués, surtout dans les petits établissements.

Connaître quelques phrases en anglais permet alors de poser des questions simples mais importantes : demander si un plat contient des arachides ou du gluten, préciser une allergie, demander une cuisson particulière, un plat moins épicé, moins salé ou encore sans sucre.

Dans les transports

C’est une situation à laquelle on pense rarement.

Que ce soit dans une gare, une station de bus ou un port, il arrive qu’un quai change au dernier moment, qu’un train soit supprimé ou qu’un chauffeur vous indique un autre arrêt. Quelques mots d’anglais permettent de poser les bonnes questions sans perdre un temps précieux.

Lors des visites

Croyez-nous, il n’y a rien de plus frustrant que de participer à une visite guidée… sans comprendre un mot de ce qui est raconté. 

Parfois, vous n’y échapperez pas ! Certains sites historiques, temples ou réserves naturelles ne se visitent qu’avec un guide. L’anglais est alors souvent la seule langue proposée en dehors de la langue locale.

Pas besoin de tout comprendre dans les moindres détails, mais être capable de suivre les grandes explications, de poser une question ou d’échanger quelques mots avec le guide rend la visite carrément moins ennuyante ! 

Avec les autres voyageurs

C’est pas obligatoire, mais l’anglais conversationnel vous évite la solitude ! (Ou le regret de ne pas pouvoir participer à la liesse générale !) 

En cas d’urgence

C’est heureusement une situation rare, mais aussi celle où l’on est le plus heureux de connaître quelques bases.

Expliquer ses symptômes à un médecin, demander une pharmacie de garde, déposer une plainte après un vol ou contacter son assurance sera toujours plus simple si vous pouvez communiquer directement avec votre interlocuteur.

Dans quels pays l’anglais est-il vraiment utile ?

Par expérience, après avoir voyagé dans plus d’une vingtaine de pays, il n’y en a finalement qu’un seul où nous nous sommes vraiment dit que l’anglais n’était pas indispensable : la Chine. 

Là bas, on ne s’en sort qu’avec des applications de traduction. 

À l’inverse, dans toute l’Asie du Sud-Est, l’anglais est bien plus qu’une langue « pratique » : c’est tout simplement la langue qui permet aux voyageurs et aux habitants de communiquer. Que ce soit pour réserver un hôtel, commander un repas, négocier un transport, acheter un billet ou demander de l’aide, presque toutes les transactions peuvent se faire en anglais.

C’est encore plus frappant aux Philippines. Là-bas, tout le monde est bilingue. 

Les échanges sont d’une simplicité déconcertante, au point qu’on oublie parfois que l’on se trouve à l’autre bout du monde. En Malaisie aussi, l’anglais est omniprésent et facilite énormément les déplacements. Nous avons rarement rencontré autant de facilité pour communiquer dans un pays non anglophone.

Cette présence de l’anglais se retrouve également dans la culture. Contrairement à une grande partie de l’Europe, les films sont très souvent diffusés en version originale, le doublage étant beaucoup moins répandu. Résultat : les habitants sont exposés à l’anglais dès leur plus jeune âge, ce qui explique en partie leur excellent niveau.

En Europe, l’anglais est généralement bien maîtrisé, surtout par les jeunes générations. Sans être indispensable partout, il permet de gérer sans difficulté tous les petits échanges du quotidien : demander son chemin, faire des courses, acheter un billet de train…

En dehors des pays francophones ou de certaines destinations où le tourisme est tellement développé que le français est largement compris, comme dans plusieurs hôtels all inclusive d’Afrique du Nord, parler un minimum anglais change vraiment l’expérience de voyage.

Google Traduction et l’IA remplacent-ils l’anglais ?

Spoiler Alert : Non ! 

D’abord parce qu’elles ne sont pas infaillibles. Les traductions sont excellentes pour des phrases simples, mais elles peuvent encore manquer de contexte, d’humour ou de nuances culturelles. Une étude comparant ChatGPT, Google Traduction et DeepL sur des contenus touristiques montre d’ailleurs que les meilleurs résultats restent ceux où un humain est capable d’interpréter le contexte et les références culturelles.

Ces outils ne créent pas une véritable conversation. Demander son chemin ou traduire un menu fonctionne très bien. En revanche, discuter spontanément avec un chauffeur de taxi, échanger avec des habitants ou raconter une anecdote devient vite laborieux lorsqu’il faut sortir son téléphone toutes les trente secondes.

Enfin, il existe encore de nombreuses situations où la technologie ne peut pas tout résoudre. Un téléphone déchargé, une connexion Internet inexistante, un traducteur qui interprète mal une phrase ou simplement une situation d’urgence où l’on n’a pas le temps de sortir son smartphone… Dans ces moments-là, connaître quelques mots d’anglais peut faire toute la différence. 

D’ailleurs, une étude récente menée auprès de professionnels du tourisme montre que la traduction automatique est aujourd’hui considérée comme un excellent outil d’assistance… mais pas comme un remplacement des compétences linguistiques. Les employés interrogés continuent d’adapter leur communication et de compenser les limites des traducteurs automatiques pour maintenir une relation humaine avec les voyageurs.

Au fond, nous voyons l’IA comme un GPS. Elle vous aide à arriver à destination, parfois même très efficacement. Mais savoir parler quelques mots d’anglais, c’est connaître la route. C’est ce qui permet d’improviser, de créer du lien, de résoudre un imprévu et, surtout, de vivre pleinement les rencontres qui font souvent les plus beaux souvenirs d’un voyage.

Doit-on vraiment perdre de notre spontanéité ? C’est à vous d’en juger ! 

Alors, comment s’en sortir en voyage sans être bilingue en anglais ? 

Une cinquantaine de phrases bien choisies suffisent souvent à se débrouiller dans la plupart des situations : réserver une chambre, commander un repas, demander son chemin, expliquer un problème ou encore gérer un petit imprévu.

Mais surtout, ces quelques mots permettent de préserver ce qui fait toute la richesse d’un voyage : le contact humain. Même avec un anglais imparfait, on échange quelques phrases avec un serveur, on remercie un chauffeur de bus, on demande un conseil à un habitant ou on partage une anecdote avec d’autres voyageurs. Ce sont souvent ces petites conversations improvisées qui deviennent les meilleurs souvenirs.

Chaque phrase est une opportunité de rencontre. On discute plus facilement avec d’autres voyageurs dans une auberge. 

Avouez-le, vous vous sentez rapidement isolé quand vous vous trouvez autour d’une table où tout le monde parle anglais, non ? 

Et si vous changiez ça ? 

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