Depuis que nous avons quitté la France, il y a maintenant plus de quatre ans, j’ai eu de nombreuses occasions de découvrir la plongée, aux Canaries, en Égypte ou encore en Guadeloupe. Les spots proposés avaient l’air absolument incroyables, mais sans trop savoir pourquoi, une petite peur me retenait. Alors j’ai préféré laisser tomber et me tourner vers une activité que je jugeais moins dangereuse : le snorkeling. C’était chouette, bien sûr… mais aujourd’hui, après avoir enfin fait mon premier baptême de plongée, je peux le dire sans hésiter : rien ne se compare à cette sensation d’être au plus près du vivant, de croiser le regard d’une murène ou de se laisser envelopper par un banc de minuscules barracudas.

Ce qui a débloqué cette peur, c’est le projet de livre que m’a confié un éditeur traitant de la plongée. Ecrire un livre sur la plongée, sans avoir moi-même plongé, ça n’avait aucun sens. Alors il fallait bien que j’expérimente. Et comme me l’ont confié tous les plongeurs que j’ai rencontrés à l’occasion de mes travaux de recherches : plonger, c’est comme une drogue. On plonge une fois, on plonge toute sa vie.
Je vous partage mon retour d’expérience, dans les détails qui pourront peut-être répondre à vos propres doutes. Si vous vous demandez si un baptême de plongée c’est safe… Oui, à 99% (je considère que le risque 0 n’existe pas.)
Retour d’expérience d’une toute première plongée à l’île Racha Yai
Le rendez-vous est donné pour 7h50, au quai de Chalong à Phuket. Je me sens étranger parmi les étrangers. Des Russes, des Coréens, des Chinois, des Allemands avec déjà, de belles épopées inscrites dans leur regard. Je les regarde, décharger avec aisance leur matériel. Je n’ai qu’un sac à dos avec une serviette, un vêtement de rechange, les 4000 bahts pour l’instructeur, un parfait touriste en somme.

Visiblement, ça se voit que je ne me sens pas à ma place. David, celui qui aura la lourde tâche de m’envoyer au fond, me repère de loin. On ne s’est encore jamais vu. Il me charrie un peu sur ce projet de livre. “Pourquoi t’écris un livre sur la plongée alors que tu n’y connais rien ?”
“Une commande, je suis auteur freelance, je m’exécute ou c’est la fin du voyage.” J’aurais pu aussi lui répondre : “L’irrésistible envie de répondre à l’appel de l’inconnu.”
Puisqu’au fond, c’est vraiment ça qui m’a motivé à dire oui à ce projet. Dès le premier kilomètre à parcourir sur la jetée pour rejoindre le bateau, je l’assomme de questions. Je me fais mes propres films cérébraux adaptés de ses mots. Dans ma tête, je suis déjà sous l’eau. Sans m’en rendre compte, je monte sur le bateau, comme si je prenais un taxi.
La traversée va durer 1h30, Phuket – Ko Racha Yai.
Je prends un plaisir immense d’observer les côtes des îles qui ne me quittent jamais, tandis que l’on s’enfonce vers cette baie aux allures de piscine. On croise des méduses par centaine qui se laissent bercer par le courant.
“Elles sont dangereuses ?” demandais-je bêtement. Oui très très bêtement. Lorsque je l’entends me parler des espèces sous-marines, en définitive, la peur des fonds est aussi irrationnelle que la xénophobie. Le danger réside dans l’ignorance.
Le bateau s’arrête, les plongeurs s’équipent en premier, je trouve toute l’organisation fascinante. Jusqu’à ce que je dois me confronter, moi aussi, au port de l’équipement.
C’est lourd ! Et foutrement compliqué pour ce qui est censé s’enfiler comme un sac à dos.” C’est drôle, sur le coup, ce qui me fait le plus peur, ce n’est plus de descendre à 3 mètres pour commencer, mais de sauter depuis le bateau. Magie de la physique, le gilet me fait flotter malgré les bons 12 ou 13 kilos que j’ai sur le dos en comptant la ceinture de poids.
Premier exercice, me sentir à l’aise en respirant avec le détendeur. Et là, je me sens con. Je m’étais fait toute une histoire avec ce “gaz”, alors qu’en fait, c’est ni plus ni moins que de l’air. Rien de plus qu’un peu d’inconfort au niveau de la mâchoire.
“Comment on fait si on perd l’embout ?” “Bah tu le remets en bouche et t’expires un coup pour faire partir l’eau. Les filtres sont faits pour ça.”
C’est vrai, c’est fou comme tout est logique.
“Avec tout l’équipement qu’on a maintenant, la plongée est vraiment à la portée de n’importe qui.”
Arrête de te poser des questions Yann, des enfants de 8 ans le font, tu as 36 ans ! Alors ok, je dis à David que je suis prêt et on commence à couler. Dès que j’ai vu monter la ligne d’eau jusqu’à me laisser complètement envahir par ce nouveau monde, j’ai compris.
Y’a-t-il une sensation plus agréable que de se laisser aller ? Le plaisir est gâché par cette pression dans les oreilles qu’il faut régler constamment mètre après mètre. Je ne calcule pas le nombre de fois où je l’ai fait. Il m’était impossible de stabiliser ma flottabilité plus de trois secondes. Je finissais toujours pas remonter à un moment donné.

“Fais des bulles !” Visiblement, expirer me paraît plus compliqué qu’inspirer. Pas doué pour m’allonger à l’aise à la surface, je le suis encore moins sous l’eau. Alors quand il s’agissait de passer au-dessus des coraux, je prenais de grosses inspirations, histoire d’être sûr de remonter à bonne distance pour ne rien abîmer. Quand on fait enfin face à la complexité d’un écosystème, un mauvais palmage devient un sacrilège.

Ma peur s’est métamorphosé. Elle n’est plus celle de plongée, mais de ne pas respecter. Avec le recul, je pense, pour ma part, qu’il n’y avait pas de peur de plonger, mais une peur de la peur de plonger.
44 minutes à – 10 mètres. 56 minutes à – 12 mètres. Et dire que je voulais seulement faire un shore-dive et m’arrêter à – 6 mètres. C’était comme vouloir aller dans un pays, regarder la frontière et faire marche arrière.

Deux poissons-clowns, un baliste, un poisson-lion, deux raies pastenagues, deux murènes, quelques poissons-coffres et poissons-perroquets, d’autres poissons dont j’ignore le nom, un banc de barracudas. Et deux immenses satisfactions, me laisser entourer par un banc de poissons et observer sans aucune appréhension, l’incroyable écosystème d’une méduse. Ma mauvaise flottabilité ne m’a pas permis de l’approcher d’aussi près que David, frustrant. Mais d’un peu au-dessus, on aurait dit qu’une crevette s’était glissé à l’intérieur à en croire les pattes et les antennes qui dépassent, tandis qu’un poisson semblait arracher quelque chose au niveau de sa tentacule. Il y avait aussi cette fluorescence ! J’aurais bien passé une heure à la regarder.
En fait, je crois que c’est ça aussi le danger de la plongée. Ne jamais vouloir remonter à la surface. Oublier que notre temps est limité. Ne jamais en avoir assez. Je comprends “l’effet drogue”. Nous sommes le lendemain de l’expérience, et je suis déjà blasé à l’idée de ne plus faire de plongée avant au moins deux mois.
Cette fois, ça sera le PADI 1, parce que honnêtement, une fois la pression régulée dans les oreilles, je n’ai vraiment pas senti les 12 mètres.
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Le centre de plongée que j’ai choisi pour mon baptême à Phuket

J’ai plongé avec Nudidive, un centre francophone géré par David, celui qui a été en charge de mon initiation.
J’étais très satisfait de la rapidité de la réservation. On peut joindre le centre par e-mail avec la possibilité de réserver une plongée dans les 48 heures.
Le baptême de plongée m’a coûté 4000 Baht (environ 120 euros).
Le prix est plus que correct. J’ai plongé seul avec le dive master avec deux plongées au programme. La traversée en bateau (deux fois 1h30) est une aventure à elle seule avec des paysages magnifiques et deux repas à volonté ! Le buffet du petit-déjeuner et du midi est vraiment généreux. Sont compris également toutes les boissons sauf l’alcool. Et croyez-moi, rien ne vaut qu’une bonne canette de Est Cola avec un pad thaï pour se remettre de sa première plongée très énergivore.
Le centre propose également une formation PADI, mais malheureusement, je n’avais plus assez de temps sur Phuket pour pouvoir la passer.
En route pour votre première plongée ? Vous avez déjà fait un baptême ? Racontez-nous tout dans les commentaires !

