visiter varsovie

Après avoir passé trois jours à explorer la capitale polonaise, nous avons eu envie de partager avec vous notre itinéraire, en espérant qu’il vous inspire lors de votre prochaine visite à Varsovie.

Ville pleine de contrastes et de surprises, Varsovie mérite largement qu’on lui consacre au moins trois jours, voire quatre, pour en apprécier toutes les subtilités.

En vous y rendant, vous découvrirez une cité où le passé et le futur s’entrelacent avec une étonnante harmonie. Et c’est ce qui nous a particulièrement plu lors de notre visite ! 

Premier jour

Le musée Polin : Musée de l’Histoire des Juifs de Pologne

Lors de notre séjour à Varsovie, on a beaucoup organisé nos visites autour des lieux de tournage du film A Real Pain. C’est d’ailleurs ce qui nous a amenés, dès le premier jour, devant la statue aux héros du ghetto. Le monument est juste en face du musée Polin. 

Ce musée est entièrement dédié à l’histoire des Juifs de Pologne, sur plusieurs siècles. Comme pour le musée de Solidarnosc à Gdansk, on a particulièrement aimé l’approche à la fois interactive et très immersive de la visite.

Le billet d’entrée coûte 6 euros, et il inclut un audioguide en français. Il est vraiment bien conçu, avec un parcours structuré qui vous raconte les grandes étapes de cette histoire, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.

Comptez au minimum 3 heures si vous suivez simplement le parcours avec l’audio. Si vous aimez lire, observer les détails et prendre le temps, vous pouvez facilement y passer 4 à 5 heures.

varsovie
© les voyageurs cinephiles

C’est une rétrospective dense, qui remet en perspective l’histoire d’un peuple dont on ne connaît souvent que des fragments. On en ressort avec une meilleure compréhension de la profondeur de cette culture, et aussi des racines historiques de l’antisémitisme en Europe.

Vestiges de l’ancien ghetto de Varsovie

Suite logique de notre visite au musée Polin, nous avons exploré les sites historiques du ghetto juif évoqués dans l’exposition. Dans le centre-ville de Varsovie, des marquages au sol indiquent l’emplacement de l’ancien ghetto, et plusieurs fragments du mur d’origine subsistent, disséminés dans la capitale. Voici quelques adresses où vous pouvez les découvrir :

55 rue Sienna : Un fragment de mur d’environ 3 mètres de haut, situé entre les immeubles aux numéros 53 et 55. Ce mur, existant déjà avant 1940, délimitait la zone du ghetto.

62 rue Złota : Un fragment de mur de bâtiment d’avant-guerre, d’environ 6 mètres de haut, faisant partie du mur du ghetto.

11 rue Waliców : Le mur de l’ancienne brasserie d’Herman Jung, qui marquait la frontière du ghetto de novembre 1940 à août 1942.

10 rue Stawki : Un fragment du mur du ghetto délimitant l’Umschlagplatz (lieu d’exécution) a été conservé à l’arrière du complexe scolaire Zespół Szkół Licealnych i Ekonomicznych n°1. 

Rue Mirow : C’est le fragment du mur que Jesse Eisenberg photographie dans A Real Pain

vestige du ghetto
© les voyageurs cinephiles

Le monument aux insurgés de Varsovie et ses environs

Toujours dans notre parcours à travers les lieux de tournage de A Real Pain, on s’est arrêtés au Monument aux Insurgés de Varsovie. Ce lieu rend hommage aux Polonais qui ont pris part à l’insurrection de 1944 contre l’occupation allemande. Ils se sont battus avec courage, en connaissant pourtant l’issue dramatique qui les attendait.

Le monument est situé juste à côté du jardin Krasiński, un grand espace de verdure calme et agréable, parfait pour une pause en milieu d’après-midi. C’est aussi à quelques minutes à pied du centre historique, donc facile à intégrer dans une balade.

Sur la place, on est tombés sur l’un des bancs musicaux Chopin. En appuyant sur un bouton, vous pouvez écouter une des compositions de cet artiste très local. 

Le Palais de la Culture et de la Science

palais de la culture varsovie
© les voyageurs cinephiles

Impossible de manquer le Palais de la Culture et de la Science à Varsovie. Ce bâtiment gigantesque vous suit littéralement partout. On tourne dans une rue, on pense l’avoir perdu de vue… et il est encore là. On a vraiment l’impression qu’il marque le centre de la ville.

C’est un cadeau de Staline aux Polonais dans les années 1950, dans le style soviétique typique, massif ! À l’intérieur, vous retrouvez des salles de conférences, musées, un théâtre, et même un cinéma à l’ancienne, dans un joli style art déco.

On aurait bien aimé y voir un film, mais à force de marcher entre 18 000 et 20 000 pas par jour, on n’a jamais trouvé l’énergie pour s’y poser en soirée.

C’est aussi un excellent point de repère si vous cherchez la gare, elle est juste à côté. Un coin sympa où se poser en soirée avec des stands de street-food dans le parc attenant. Traversez la rue et vous tomberez sur le Hard Rock café de Varsovie. C’est là d’ailleurs qu’on a passé notre première soirée. 

Deuxième jour

Le musée de l’Insurrection de Varsovie

Le 1er août 1944 à 17h, l’insurrection de Varsovie débute. Les résistants polonais prennent les armes contre l’occupant nazi. S’en suivent 63 jours de combats acharnés, de soulèvements, de représailles, et de drames humains, autant d’événements retracés dans ce musée impressionnant et très documenté.

Le Musée de l’Insurrection de Varsovie est immense, immersif et riche. Il faut bien 3 à 4 heures pour tout voir, surtout si vous prenez le temps de lire et de vous laisser porter par l’ambiance. On y trouve notamment une reconstitution de l’un des égouts dans lesquels les habitants se réfugiaient ou circulaient clandestinement.

Le musée ne se contente pas de parler de l’insurrection elle-même. Il explore aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant cette période, jusqu’à la libération. Il y a même un véritable bombardier suspendu dans l’un des halls, ainsi que des objets rares, certains appartenant à des officiers nazis.

On est arrivés à 9h00, et quand on en est sortis, il était déjà presque 13h00 ! L’entrée coûte environ 8 euros. Il n’y a pas d’audioguide inclus, mais vous pouvez en louer un. Les panneaux sont en anglais et polonais. 

Le quartier de Powiśle

On a passé un bon moment dans le quartier de Powiśle, un coin moderne et agréable, situé juste au bord de la Vistule.

On s’est attardés dans deux endroits qu’on recommande vraiment. Le premier, c’est le centre commercial Elektrownia Powiśle, une ancienne centrale électrique reconvertie en centre ultra design. À l’intérieur, il y a un grand food court avec plein de stands, dont un où on a enfin goûté une spécialité qu’on avait repérée depuis un moment : une pomme de terre cuite au four, garnie à la demande. On a choisi champignons-fromage, avec une sauce maison vraiment incroyable. C’est très simple, mais ultra réconfortant.

jardin suspendu
© les voyageurs cinephiles

Après notre déjeuner tardif (il était 14h00 passé), on a décidé d’aller faire une balade digestive sur le toit de l’Université de Varsovie. Il s’agit d’un grand jardin suspendu, l’un des plus beaux espaces verts de la ville et même de Pologne paraît-il. 

Depuis certaines passerelles, on a une vue magnifique sur la Vistule, les toits de Varsovie, et les tours du centre-ville au loin. C’est paisible, assez peu fréquenté (du moins quand on y était), et complètement gratuit

À noter aussi : à l’intérieur de la bibliothèque, il y a une galerie dédiée aux affiches polonaises, avec des pièces historiques qui racontent l’histoire politique et culturelle du pays à travers le graphisme. 

mural flow varsovie
© les voyageurs cinephiles

On a aussi profité d’être dans ce quartier pour aller voir le magnifique mural en hommage à “Flow”, le film d’animation oscarisé de cette année 2025. Il est référencé sur Google Maps. 

Troisième jour

Le vieux centre historique de Varsovie (Stare Miasto)

Impossible de venir à Varsovie sans passer par son vieux centre historique, le Stare Miasto. Ce quartier est un vrai miracle, puisque la ville a été détruite à 90 % pendant la Seconde Guerre mondiale, mais tout a été reconstruit avec une précision incroyable. On croirait presque que rien n’a été touché, tant les façades ont été fidèlement reproduites.

sirene warsawa
© les voyageurs cinephiles

Au milieu de la place principale, vous trouverez la célèbre Sirène (Syrenka), le symbole de Varsovie. La légende raconte qu’un pêcheur de la Vistule, nommé Wars, est tombé amoureux d’une nymphe des eaux appelée Sawa, d’où le nom de la ville. 

On a pris le temps de flâner pendant deux ou trois heures, en entrant dans le cœur du château royal de Varsovie et en visitant la Barbacane, une ancienne fortification médiévale. Bien sûr, il y a aussi plusieurs églises, dont la très importante Basilique Saint-Jean, où a été célébrée la messe historique pour la Constitution du 3 mai. 

L’église de la Sainte-Croix

Le compositeur préféré de Joyce en musique classique, c’est Chopin. Alors forcément, pendant notre séjour à Varsovie, on ne pouvait pas manquer l’occasion de lui rendre hommage. On est donc allés à l’église de la Sainte-Croix, où se trouve, selon la volonté du musicien, son cœur, conservé dans une urne, derrière une plaque commémorative.

Est-ce que c’est vraiment là ? On ne peut pas le certifier, mais c’est en tout cas ce que Chopin avait demandé avant sa mort. Si son cœur reste en Pologne, son corps est à Paris, au Père Lachaise. 

La rue Próżna

Visiter certains lieux de tournage, comme ceux du film Le Pianiste, nous a naturellement menés jusqu’à la rue Próżna. C’est l’une des rares rues de Varsovie à avoir survécu presque intacte à la guerre. Située près de la place Grzybowski, elle faisait autrefois partie du quartier juif et conserve encore des immeubles d’époque, dont certains portent visiblement les traces du passé. 

Les Halles Mirowska – Ancien marché de Varsovie

marché couvert varsovie
© les voyageurs cinephiles

Lors de notre séjour à Varsovie, on a voulu s’imprégner de l’ambiance locale en visitant un marché typique. Les Halles Mirowska se sont imposées comme une évidence.

Construites entre 1899 et 1901, ces halles étaient à l’origine le plus grand marché couvert de la ville. Elles ont été gravement endommagées pendant l’insurrection de Varsovie en 1944, lorsque les forces allemandes les ont utilisées comme bastion avant d’y mettre le feu. Malgré cela, le bâtiment a été partiellement reconstruit après la guerre et continue aujourd’hui de fonctionner comme marché.

Au-delà de l’aspect historique et néanmoins important, on s’est évidemment offert une petite séance de dégustation de produits locaux. L’ Oscypek, c’est un vrai régal. Si vous avez l’occasion d’y goûter, foncez : vous en redemanderez. C’est un fromage fumé au lait de brebis, typique du sud de la Pologne. Son goût est à la fois marqué, légèrement salé, mais étonnamment doux et fondant quand il est chaud. 

Comment se déplacer à Varsovie ? 

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© les voyageurs cinephiles

Pour avoir un aperçu aussi complet que possible de Varsovie, on a bien sûr utilisé les transports en commun, en combinant tramway et métro. Petite parenthèse sur le métro d’ailleurs : il est vraiment incroyablement moderne, propre, calme, et surtout très sécurisé. Au cas où vous auriez des doutes. 

Il y a un tram ou un métro toutes les 2 à 3 minutes et les prix sont très accessibles. On a payé 12 euros pour un ticket 72 heures en illimité.

Vous pouvez aussi acheter des tickets à l’unité (entre 0,80 € pour un court trajet de 20 minutes et 1,10 € pour 90 minutes avec changements illimités) directement dans le tram ou le bus, grâce aux bornes automatiques où vous pouvez payer par carte bancaire.

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout. Il compile ce qu’on a visité. Nous n’avons bien sûr pas parlé de tous les quartiers, dont celui de Praga, puisque nous n’avions pas eu le temps de nous y rendre. Parlez-nous de votre propre visite dans les commentaires ! 

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