Savez-vous qu’il est tout à fait possible de voyager en Transylvanie sans forcément prendre la voiture ? Certes, certaines visites peuvent être plus limitées, mais si, comme nous, vous avez pour objectif de vous promener dans la nature autour de Sinaïa, de visiter le château de Dracula ou de vous rendre sur les lieux de tournage de la série Mercredi, cet article est fait pour vous. Nous vous donnons nos meilleurs conseils pour optimiser votre premier voyage en Transylvanie, et plus généralement, votre première aventure en Roumanie.

Les conditions d’entrée pour la Roumanie

château de busteni
© Les voyageurs cinephiles

Visa court séjour ( moins de 90 jours)

Pour les ressortissants de l’espace Schengen (français, belges, suisses et autres citoyens de l’Union Européenne), il n’y a pas de visa requis pour un séjour de moins de 90 jours en Roumanie. Vous pouvez entrer dans le pays en présentant simplement une carte d’identité valide ou un passeport en cours de validité. 

Et pour les ressortissants hors espace Schengen ?

Si vous venez d’un pays qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, vous devrez obtenir un visa de court séjour pour entrer en Roumanie si vous souhaitez y rester moins de 90 jours.

Comment obtenir ce visa ? 

Malheureusement, pour la Roumanie, il n’existe pas de plateforme de demande en ligne directe. Votre demande doit s’effectuer auprès de votre ambassade ou au consulat de Roumanie situé dans votre pays de résidence. Il en va de même pour un plus long séjour. 

Visa long séjour (plus de 90 jours)

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la Roumanie est devenue membre à part entière de l’espace Schengen, mettant ainsi fin aux contrôles aux frontières terrestres avec les autres pays de la zone.

Qu’est-ce que cela change pour vous ?

Si vous prévoyez de rester en Roumanie plus de 90 jours, même en tant que citoyen de l’UE ou de l’EEE, il est recommandé de vous enregistrer auprès des autorités locales. Pour ce faire, vous pouvez vous adresser à l’Inspectorat général pour les migrations (Inspectoratul General pentru Imigrări) en Roumanie.

Cette démarche n’est toutefois pas obligatoire et la demande d’un visa pour un séjour de plus de 90 jours ne vous concerne pas en tant que citoyen européen. 

Quand partir en Transylvanie ? 

transylvanie en automne
© Les voyageurs cinephiles

Honnêtement, je vais répondre à cette question en un mot : l’automne ! Les couleurs sont simplement… folles ! Avec ses forêts aux teintes dorées et rouges, c’est une période magique pour explorer la Transylvanie.​

Bien sûr, l’été et le printemps sont aussi des saisons magnifiques. L’été offre des journées longues et ensoleillées idéales pour les randonnées. Il y a plein de festivals à découvrir durant cette période. L’hiver, en revanche, peut être très froid, avec des températures souvent en dessous de zéro et des chutes de neige abondantes. C’est une période idéale pour les amateurs de sports d’hiver, mais il faut être préparé aux conditions hivernales rigoureuses.​

Lors de notre voyage en octobre, nous avons été agréablement surpris par le temps sec. Pendant nos dix jours en Transylvanie, il n’a pas plu une seule goutte, même à Bucarest, où le soleil brillait constamment.

Octobre et novembre offrent des conditions idéales pour explorer la région sans les aléas climatiques. Cette stabilité météorologique est due à la position géographique de la Transylvanie, entourée de montagnes qui agissent comme des barrières naturelles, limitant l’entrée des masses d’air humide. 

Comment se déplacer en Transylvanie ? 

gare de sinaia
® Les voyageurs cinephiles

La condition de la location voiture en Roumanie

Au début, nous étions tout excités à l’idée de dénicher des offres à moins de 15 euros par jour. Mais rapidement, la réalité nous a rattrapés : toutes les agences exigeaient une carte de crédit, et non une carte de débit.​

Ce n’est qu’après notre retour que l’on a appris qu’il y avait peut-être quelques agences qui accepteraient la carte de débit. 

Vérifiez tout de même l’information par vous même, vous pouvez vous renseigner auprès de Autoboca et Magrenta

Bien que ces agences puissent accepter les cartes de débit, l’assurance est obligatoire et peut considérablement augmenter le coût total de la location. Il est donc essentiel de bien vérifier les termes du contrat et de prévoir un budget en conséquence.


C’est votre unique solution pour pouvoir la fameuse Route Transfăgărașan. 

La transylvanie bien desservie en train

paysage transylvanie automne
© Les voyageurs cinephiles

Lors de notre voyage en Transylvanie, nous avons opté pour le train et, honnêtement, nous en sommes très satisfaits. La Roumanie dispose d’un système ferroviaire bien développé, avec plusieurs compagnies proposant divers types de trains. Les tarifs sont abordables, le trajet le plus coûteux entre Brașov et Bucarest nous ayant coûté moins de 20 euros par passager. ​

Pour rejoindre la Transylvanie depuis Bucarest, il est pratique d’arriver par avion à Bucarest, puis de prendre un train pour Sinaia. Les départs sont fréquents, même en fin de soirée. Le trajet dure environ 1h30 et le tarif moyen est d’environ 9 euros en seconde classe. Vous serez ainsi directement au pied du parc national de Bucegi.

Voici une présentation simple des différents types de trains en Roumanie, avec la moyenne de prix et des exemples de villes et villages desservis sur chaque ligne :

  • Regio (R) : 2-5 euros
    • Description : Trains régionaux reliant principalement les petites villes et villages.
    • Exemples : Bucarest à Pitești, Cluj-Napoca à Oradea, Iași à Bacău.
  • InterRegio (IR) : 15-30 euros
    • Description : Trains interurbains reliant les grandes villes entre elles avec un confort modéré.
    • Exemples : Bucarest à Cluj-Napoca, Brașov à Timișoara, Sibiu à Craiova.
  • InterCity (IC) : 25-45 euros
    • Description : Trains rapides offrant des services haut de gamme entre les principales villes de Roumanie.
    • Exemples : Bucarest à Cluj-Napoca, Timișoara à Brașov, București à Constanța.
  • Express (EX) : 15-30 euros
    • Description : Trains rapides qui relient principalement les grandes villes, avec peu ou pas d’arrêts intermédiaires.
    • Exemples : Bucarest à Constanța, Cluj-Napoca à Sibiu, Iași à Galați.
  • Trains de nuit : 20-50 euros

Selon votre ville de départ, vous n’êtes pas obligé de prendre l’avion pour vous rendre en Roumanie ! 

Combien coûte un trajet en bus en Roumanie ? 

monastère sinaia
© Les voyageurs cinephiles

Un trajet en bus en Roumanie coûte en moyenne 60 centimes pour un trajet. Voici les prix plus détaillés en prenant pour exemple Bucarest : 

  • Carte Activ : Avant de voyager, il est nécessaire d’acquérir la Carte Activ, une carte sans contact coûtant 3,70 lei (environ 0,75 €). Cette carte peut être rechargée avec des montants variant de 6 lei à 80 lei ou avec des abonnements spécifiques.
  • Billet simple : Pour un trajet unique, le coût est de 3 lei (environ 0,60 €) et valable pour une durée de 90 minutes.
  • Abonnement de 24 heures : Cet abonnement offre des trajets illimités pendant 24 heures sur les bus, trams et trolleybus pour 8 lei (environ 1,60 €). ​
  • Abonnement de 72 heures : Pour 20 lei (environ 4 €), cet abonnement permet des trajets illimités pendant 72 heures.
  • Abonnement de 24 heures incluant le métro : Pour 14 lei (environ 2,80 €), cet abonnement offre des trajets illimités pendant 24 heures sur les bus, trams, trolleybus et le métro. ​
  • Abonnement de 72 heures incluant le métro : Cet abonnement, au tarif de 35 lei (environ 7 €), permet des trajets illimités pendant 72 heures sur tous les modes de transport public.

Où loger pour visiter la Transylvanie ? 

busteni château mercredi lieu de tournage
© Les voyageurs cinephiles Château Busteni, lieu de tournage de Nevermore pour Mercredi

Si vous voulez explorer la Transylvanie sans perdre trop de temps en trajets, le mieux est de choisir des villes bien situées comme Sinaia et Brașov

Sinaia, nichée dans les Carpates, est un super point de départ. C’est là que vous trouverez le château de Peleș, l’un des plus beaux d’Europe ! Si vous aimez la nature, les montagnes Bucegi sont à portée de main pour des randonnées inoubliables.

Essayez de rester dans le centre-ville, surtout si vous n’avez pas de voiture. Certains Airbnb un peu excentrés peuvent vite devenir contraignants.

Après Sinaia, direction Brașov, une ville magnifique avec son centre médiéval ultra-charmant. Entre la place du Conseil, l’Église Noire et les petites ruelles pavées, l’ambiance est magique. De plus, Brașov est un super point de départ pour aller voir le fameux château de Bran (alias le château de Dracula) ou encore la citadelle de Râșnov.

Le top, c’est de se poser dans le centre historique. Vous aurez plein de restos, bars et monuments à deux pas. Il y a énormément d’offres à moins de 40€ la nuit, surtout hors saison (nous, on y était en octobre).

Que manger en Transylvanie ? 

château de Bran transylvanie
© Les voyageurs cinephiles

Si vous partez en Transylvanie, préparez-vous à bien manger ! La cuisine locale est généreuse, gourmande et, contrairement à ce qu’on peut penser, parfaitement adaptée pour les végétariens. 

Si vous aimez la viande, vous allez adorer : 

  • Sarmale : Si vous ne devez goûter qu’un seul plat roumain, c’est celui-là ! Ce sont des rouleaux de chou farcis avec de la viande hachée (souvent porc et bœuf), du riz et des épices. Le tout mijote des heures dans une sauce tomate bien parfumée. C’est encore meilleur accompagné de mămăligă (polenta) et d’une bonne cuillerée de crème fraîche.
  • Mici (Mititei) : Ce sont des petites saucisses grillées, sans boyau, à base de bœuf, de porc et parfois de mouton. Elles sont servies avec de la moutarde et du pain, un vrai régal qu’on retrouve souvent dans les marchés ou lors des barbecues entre amis.
  • Ciorbă de burtă : Ok, c’est un peu spécial, mais si vous aimez tester des saveurs différentes, tentez cette soupe de tripes ! Crémeuse et légèrement acidulée, elle est souvent accompagnée de piments forts pour relever le tout. Un grand classique en Roumanie.
  • Goulash : Héritage hongrois oblige, la Transylvanie propose aussi un délicieux ragoût épicé de bœuf aux poivrons et aux pommes de terre. C’est un plat hyper réconfortant, parfait après une journée de balade dans les Carpates !

Si vous êtes plutôt végétarien, aucun problème vous allez vous régaler avec : 

  • Mămăligă : La fameuse polenta roumaine ! Servie nature ou avec du fromage frais, de la crème aigre et parfois des champignons sautés, c’est un accompagnement incontournable qui peut aussi faire un plat en soi.
  • Zacusca : Si vous aimez les tartinades, vous allez adorer ! C’est un caviar de légumes à base d’aubergines, de poivrons rouges grillés, de tomates et d’épices. À déguster sur du pain frais, un pur délice !
  • Salată de vinete : Une autre spécialité à base d’aubergines grillées, mixées avec de l’huile et des oignons. C’est une sorte de caviar d’aubergine ultra-savoureux, servi froid en entrée.
  • Ardei umpluți : Des poivrons farcis, de base à la viande mais existe en version veggie, avec du riz, des légumes et des herbes aromatiques, cuits dans une délicieuse sauce tomate. C’est fondant et plein de goût.
  • Ciorbă de legume : Si vous aimez les soupes, celle-ci est un grand classique. Une soupe de légumes frais, acidulée juste comme il faut avec du citron ou du borș (jus de son fermenté).

Comment se protéger des ours ? 

La Transylvanie abrite l’une des plus importantes populations d’ours bruns en Europe, jusqu’à 9 000 individus.

Ces animaux sont particulièrement actifs au printemps et en été, notamment entre mars et août, période durant laquelle ils descendent des zones montagneuses vers les collines à la recherche de nourriture. Cependant, ces données ne sont pas totalement justes. Pendant notre séjour, on a lu dans les médias que durant le même mois, il y a eu des ours aperçus en plein centre ville de Sinaia ! 

Les rencontres avec les ours ne sont pas rares, et chaque année, des incidents impliquant des touristes sont signalés, certains étant malheureusement mortels. Pour notre part, on n’en a croisé aucun. La chance, tout simplement ! 

Si vous souhaitez rester serein pendant votre séjour en Transylvanie, respectez ces quelques consignes : 

  • Restez en groupe : Les ours ont tendance à éviter les grands groupes de randonneurs. Seul ou en petit nombre, vous êtes plus vulnérable.
  • Faites du bruit : Parlez, chantez ou portez une clochette de randonnée pour signaler votre présence et éviter de surprendre un ours.
  • Ne courez jamais si vous en croisez un : Un ours pourrait interpréter votre fuite comme un comportement de proie et vous poursuivre. Reculez lentement, sans le quitter des yeux, mais sans le fixer directement.
  • Équipez-vous d’un spray anti-ours : En dernier recours, un spray répulsif spécifique peut vous aider à éloigner un ours en cas de rencontre rapprochée. Apprenez à l’utiliser avant de partir en randonnée.

Si vous êtes un adepte des activités en extérieur, il est plus prudent de souscrire à une assurance. On vous offre -5% avec Chapka avec le code voyageurscine.

Notre suggestion d’itinéraire pour 1 semaine en Transylvanie

sinaia transylvanie montagnes automne
© Les voyageurs cinephiles

Voici une suggestion d’itinéraire d’une semaine pour profiter au maximum des merveilles de la région sans avoir pu louer de voiture. 

Jour 1-2 : Sinaia et les montagnes Bucegi

Commencez votre voyage à Sinaia, l’un des plus beaux endroits de Transylvanie. Facilement accessible en train depuis Bucarest (comptez environ 1h30), la ville est surtout connue pour le magnifique château de Peleș, un véritable bijou niché dans les Carpates. Ne manquez pas non plus le monastère de Sinaia.

Le deuxième jour, direction les montagnes Bucegi ! Si vous aimez la randonnée, prenez le téléphérique jusqu’au plateau de Bucegi. Pour les moins sportifs, une balade en forêt autour de Sinaia offre déjà de superbes paysages.

Jour 3 : Bușteni, la petite perle des Carpates

À seulement 10 minutes en train de Sinaia, Bușteni est une charmante petite ville entourée par des paysages à couper le souffle. La vue sur les montagnes Bucegi y est encore plus spectaculaire. Montez en téléphérique jusqu’au plateau de Bucegi, ou visitez le château Cantacuzino (Nevermore pour les fans de la série Mercredi.) 

Jour 4-5 : Brașov, entre histoire et nature

Prenez un train (environ 1h) pour Brașov. Le petit centre-ville historique se visite en une demi-journée. 

N’hésitez pas à monter jusqu’à la forteresse de Brașov pour une vue panoramique incroyable sur la ville. 

Le deuxième jour, partez explorer les alentours. Vous pouvez prendre un bus (40 min) jusqu’au château de Bran ou la forteresse de Rasnov.

Jour 6-7 : Sighișoara, la ville médiévale de conte de fées

Pour la dernière étape, direction Sighișoara, accessible en train depuis Brașov (environ 3h). Cette ville fortifiée classée à l’UNESCO est l’un des joyaux de la Transylvanie.

Si vous avez encore un peu de temps avant de repartir, n’hésitez pas à vous balader une journée dans Bucarest. Cette ville vaut quand même le coup d’œil ! 

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